La fonction publique de moins en moins populaire auprès des jeunes

En 20 ans, le nombre de candidats pour les concours de la fonction publique de l’État a chuté, passant de 650.000 postulants en 1997 à seulement 228.000 en 2018.

La différence de salaire entre le domaine public et le domaine privé serait l'une des principales raisons du manque d'attractivité du service public.

La différence de salaire entre le domaine public et le domaine privé serait l’une des principales raisons du manque d’attractivité du service public.

Être fonctionnaire n’est plus un statut qui fait rêver la jeunesse. Alors que le nombre de postes disponibles, soit environ 40.000 par an, est resté fixe, le nombre de candidats lui, a radicalement varié ces dernières années. Selon une information du Monde, alors que, en 1997, ils étaient environ 650.000 à souhaiter intégrer le corps des fonctionnaires, en 2018, ils ne sont plus de 228.000 à vouloir servir l’État, alors même que le nombre de jeunes diplômés, et donc de candidats potentiels, a augmenté.

Une enquête publiée en 2018 par la fonction publique établit ainsi que 41 % des jeunes présentent «une absence d’intérêt pour le service public». Un affaissement qui rappelle l’année 1988, où seulement 200.000 candidats avaient postulé, un record.

Le principal risque est bien sûr la baisse de la sélectivité. Mais comment expliquer ce désintérêt généralisé des jeunes pour la fonction publique? «Les fonctionnaires ne sont pas assez payés», explique au Monde Estelle Piernas, secrétaire nationale de la FSE-CGT. Aussi bien les agents les moins qualifiés que les hauts fonctionnaires seraient concernés.

Cette différence de salaire entre le domaine public et le domaine privé serait donc l’une des principales raisons du manque d’attractivité du service public. Toutefois, les jeunes ne considèrent pas uniquement dans la balance l’aspect pécuniaire. Les missions qui leur sont attribuées dans la fonction publique peuvent aussi jouer un rôle dans cette baisse des candidatures : s’impliquer dans une start-up et constater directement les conséquences de son action sur l’évolution de la société peut sembler, pour certains, plus attirant que l’idée d’intégrer le corps de l’État, où les jeunes peuvent parfois se sentir mis à l’écart des grandes décisions. «Quand le management est old school, descendant, il ne fait pas envie aux jeunes générations», assure au Monde Florence Méaux, déléguée aux cadres dirigeants de l’État. «Il faut montrer que l’on se réforme. Les jeunes d’aujourd’hui veulent de l’autonomie et avoir un impact. En servant l’État, ils auront une influence sur le cours des choses, mais cet impact sera théorique s’ils ne disposent pas aussi d’autonomie».

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