Fonction publique : Gérald Darmanin veut davantage de contractuels et moins de fonctionnaires

Cette réforme permettra par exemple à un « maire » ou un « employeur territorial » d' »engager sur des postes à responsabilités des personnes sous contrat », explique le ministre.

La fonction publique va évoluer vers une « généralisation du contrat ». C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Action publique, Gérald Darmanin, dimanche 28 octobre sur Europe 1. Alors que le recrutement hors statut est aujourd’hui contraint, Gérald Darmanin a expliqué qu’il y aura désormais « la possibilité de passer par le statut et la possibilité de passer par le contrat ».Les agents publics pourront « venir pour 5, 10 ou 15 ans dans la fonction publique » a déclaré le ministre, avant de souligner qu’il était « important » de « garder » le statut pour une « partie » des fonctionnaires, « notamment » dans les « fonctions les plus régaliennes », sans donner plus de détails.

Des « plans de départs volontaires » pour les fonctionnaires

Cette réforme permettra « par exemple » à un « maire » ou un « employeur territorial » d’« engager sur des postes à responsabilités des personnes sous contrat », a-t-il illustré, en expliquant vouloir « ouvrir les portes et les fenêtres » de la fonction publique. Il a également confirmé la mise en place de « plans de départs volontaires » qui permettront aux fonctionnaires de « rester » ou de « partir » avec « 24 mois de salaire » et « la possibilité de toucher le chômage, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici ».

Gérald Darmanin a confirmé la « création d’une agence de reconversion » pour les agents publics et annoncé qu’il souhaitait que les « passerelles entre le public et le privé » soient « encouragées ». Le deuxième comité interministériel de la transformation publique, qui se tient lundi à l’initiative du Premier ministre Edouard Philippe, permettra « de faire davantage d’annonces ou de les préciser », a-t-il annoncé.

Une « ligne rouge » pour les syndicats

Le ministre a par ailleurs exposé sa méthode pour atteindre l’objectif fixé par Emmanuel Macron de 50 000 suppressions de postes dans la fonction publique d’Etat à l’horizon 2022 : pour « économiser des postes », il faut selon lui « supprimer des missions », afin de « ne pas « renforcer le travail de ceux qui restent ». « On arrêtera de payer en argent liquide aux impôts », a par exemple détaillé Darmanin, en expliquant que cette mission pourrait être déléguée à des « partenaires privés comme La Poste ou les buralistes ».

Pour les syndicats de la fonction publique, cette « généralisation du contrat » constitue une « ligne rouge ». « Si jamais le gouvernement devait faire ça, ce serait une remise en cause du statut général des fonctionnaires », dénonce Mylène Jacquot (CFDT). « À aucun moment, on ne nous a présenté ce scénario », déplore de son côté Luc Farré (Unsa), qui déplore une « remise en cause » de la concertation sur la réforme de l’action publique engagée depuis avril avec le secrétaire d’État Olivier Dussopt.

Imprimer cet article Télécharger cet article