3,5 jours de congés en moins, ça ne passe pas ! 

Rennes. 3,5 jours de congés en moins, ça ne passe pas !

photo  céline et gwen, infirmières ; karine, aide psychologique ; catherine, asg pour unité alzheimer ; sandrine et magali, aides soignantes ; avec leur collègue intervenante à domicile. 3

Céline et Gwen, infirmières ; Karine, aide psychologique ; Catherine, ASG pour unité Alzheimer ; Sandrine et Magali, aides soignantes ; avec leur collègue intervenante à domicile. © Ouest-France

La loi de 2019 de transformation de la fonction publique impose aux collectivités de passer leurs agents à 1 607 heures annuelles. En grève, des agents de Rennes métropole manifestent contre la suppression de jours de repos.

Cela concerne 6 400 agents de Rennes métropole, qui travaillent dans les Ehpad, écoles, bibliothèques, musées, centres sociaux, au service des sports, parfois les samedis et dimanches. Depuis la semaine dernière, ils sont mobilisés contre le projet de suppression de 3,5 jours de congés par an et des repos compensateurs pour ceux qui travaillent le week-end.

« En clair, c’est travailler plus pour gagner moins. C’est un manque total de reconnaissance, une injustice, témoignent Florence et Soizig, qui travaillent dans les écoles. Les salaires déjà sont très bas, avec un maximum de femmes à temps partiel, avec des indices plafonnés. Côté salaire, rien de ne bouge. » Florence, à 80 %, itinérante, touche 1 200 € net ; Soizig, qui a pris un 80 % « pour tenir niveau santé », touche 1 450 € net « après trente-sept ans de carrière ». Les deux femmes se plaignent aussi des conditions de travail : « On manque de matériel pour l’entretien. On demande une prime compensatoire de 300 à 350 €. Si on n’obtient rien, ce n’est pas possible. »

photo environ 300 agents territoriaux se sont rassemblés à midi devant le bâtiment de rennes métropole.  ©  ouest-france

Environ 300 agents territoriaux se sont rassemblés à midi devant le bâtiment de Rennes métropole. © Ouest-France

Samedi 15 mai 2021, ce sont les agents des bibliothèques qui ont ouvert la voie de la contestation avec un mouvement de grève qui a empêché l’ouverture de la bibliothèque des Champs libres. Ce jeudi 20 mai, 412 titulaires et 60 contractuels étaient en grève. Les Champs libres ont ouvert à 14 h au lieu de midi et les services de cantine et de garderie ont été perturbés dans seize écoles. Environ 300 agents étaient rassemblés jeudi midi devant l’hôtel de Rennes métropole, à l’appel de la CGT, FO, Sud, Unsa et UGICT-CGT.

« En Ehpad, les agents sont fatigués »

Parmi eux, des agents des Ehpad, infirmières, aides-soignantes, aides médico-psychologique… Tous dénoncent un manque de considération. « On a été en première ligne, c’est un traumatisme. Il n’y a pas un jour où on tourne à effectif normal, parce que les agents sont fatigués, s’arrêtent », explique Gwen, infirmière. Ils dénoncent un manque de moyens humains. « On nous rétorque qu’on a moins de résidents, expliquent Soizig et Magali. Oui, mais ils ont été fragilisés, la dépendance s’est accrue. »

photo pas question de lâcher pour les aides-soignantes des ehpad  ©  ouest-france

Pas question de lâcher pour les aides-soignantes des EHPAD © Ouest-France

Et le personnel tient à ses repos compensateurs : « On nous parle de dimanche à 100 € si on rend les repos compensateurs, mais on ne tiendra pas le coup, on en a besoin. Et il y a, dans le personnel, beaucoup de femmes seules avec des enfants. Venir travailler implique de payer des frais de garde. C’est du mépris. D’ailleurs, on ne trouve plus de personnel. »

« Une obligation » rétorque l’élue

Pour Emmanuelle Rousset, conseillère municipale déléguée aux ressources humaines et au dialogue social, qui participe à des réunions techniques chaque semaine avec les services, « c’est une obligation, on doit se mettre en conformité avant fin juin. Ce sera voté par le conseil municipal du 28 juin. » L’élue explique que cette mesure s’accompagnera « d’une adaptation du temps de travail aux usagers et d’une amélioration de l’équité entre les services. »

Ces trois jours et demi pourraient être consacrés à de la formation, de la cohésion de service ou pour répondre aux usagers. « On travaille sur une organisation avec des droits nouveaux pour améliorer les conditions de travail et tenir compte de la pénibilité », détaille l’élue.

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